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C'est étrange, ce sentiment.

Depuis des années, je m'efforce de faire vivre les miens en paix. J'essaye de leur fournir ce dont ils ont besoin. Terre d'accueil, vie paisible, harmonie et bonheur. Et pourtant quelque-chose manque encore au tableau. J'assume ce rôle de Seigneur que l'on m'a attribué depuis l'incident, et celà ne me sied pas.

Il y'a ce creux que je n'arrive pas à combler, une chose que je n'arrive pas à oublier. Les flammes. Dévorant les murs, faisant hurler les poutres de bois. Les dansantes venant lécher la peau de ma soeur, allongée sur le ventre, le visage à jamais figé dans une expression de frayeur incroyable. Les cendres, qui recouvrent lentement le corps de mon père, la main posée sur la fusée de la lame qui trône près de lui. Sur son torse sans vie sont crispés les doigts de ma mère, dont les larmes n'ont pas encore été asséchées par la chaleur de l'endroit. Mon frère, qui tient dans ses bras le corps immobile de ma seconde soeur, comme pour la protéger de la violence des flammes qu'elle ne sentira plus. Je n'oublierais jamais leur visage affolés lorsque les flammes ont commencées à se propager sur les tentures, gerbes orangées provoquées par le lancer d'une torche, cette dernier s'échappant des mains d'un révolté. Ils ont tentés de vivre en paix et de suivre les pas et les idéaux de leurs ancêtres, et ça leur a coûté la vie.

Adérose, l'enfant perdue, qui a abandonnée son fils du jour au lendemain, sans jamais plus donner de nouvelles ni de raisons à son départ précipité. Ses cheveux d'or, qui coulaient autrefois entre mes doigts, seront désormais hors de portée de mon attention, laissant une brèche dans une défense que je pensais sans failles, ouvrant alors la voix aux malheurs et au désespoir, qui peuvent désormais m'assaillir sans retenue.

Mon fils. Parlons-en. Lui que j'ai toujours choyé et chérit, qui ne m'accorde aujourd'hui pas plus d'importance qu'à la jument que je lui ai offert à nôtre retour au Fjörd. Il reste avec les siens, entre les murs de Blancherive, et refuse catégoriquement de venir me parler. C'est compréhensible, je suppose. Sa mère est partie, et son père ne peut être toujours à ses côtés. Dans le fond, il me ressemble. Il a perdu quelque-chose qui lui était cher, et tente de trouver du réconfort en un idéal perdu, cherchant le bonheur là où il n'y en a pas. Et malgré tout mes efforts, je l'ai perdu.

Qu'adviendra-t-il d'Aiyama, mon amie d'enfance ? Que j'ai retrouvé après tant d'années de séparation. Et Hiriel ? Cette elfe m'étonnera toujours. Elle connait nôtre histoire sur le bout des doigts, retraçant le parcours de mon peuple depuis sa création, sans jamais ommettre le moindre détail. Elle m'est précieuse, autant que la lune est importante à la nuit. Et Lanras, dans tout ça ? Si droit, si fier. Il prône l'honneur et la discipline, et il me seconde avec toute la force que je pourrais attendre de lui. Jamais il ne plie l'échine, jamais il n'abandonne et il manie les mots presque aussi bien que l'Archiviste. Personne ne pourrait rêver de pareil compagnon d'armes. L'on dirait mon père, en moins belliqueux. Ykam. Le grand traqueur du nord ! L'esprit du cerf ! Le combattif, qui ne lâche jamais, aussi téméraire que les vents d'hiver et aussi solide que le roc. Vif, alerte et adroit, jamais les terres du Fjörd n'ont connues meilleur archer. Une personne ne grand conseil, également. Mon frère s'entendrait bien avec lui. Goeth, Menered, Valneth, tous autant qu'ils sont, ils me sont précieux.

Je repense encore à la discussion que j'ai eu avec Sarophas, avant nôtre départ pour le Nordrassil, sur le continent Ouest. Nous avions palabré pendant de longues heures conçernant l'avenir des nôtres, l'ère qui approchait, et même mes capacités au combat. Et cette phrase avait retentit. Elle ne quittera jamais ma tête.

« - Y a-t-il une chose où tu n'excelles pas, Shalimar ? » avait-il demandé en ricanant. Je n'avais pas répondu et lui avait souhaité une agréable nuit.

Oui, il y'a une chose où je n'excelle pas. Je n'arrive pas à garder en vie les gens que j'aime.

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