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Imperial front by amnis406-d4qownr

«Ce fut l'un des plus sanglant épisode de l'histoire de l'Empire. Elle a signé la mort du roi et le début d'un nouvel Âge pour la nation Féralienne.» - Archives de Gwy'lin, La Bataille Bleue.


D'abord, on a entendu les cors. De sombres cors, par les Neuf, je m'en souviens encore. On aurait dit les mugissement des Cauchemardesques. Après les cors sont venus les cris, oh ces cris, des centaines d'Orcs en furie, attendant derrière les arbres, prêts à surgir pour tuer hommes, femmes et enfants. Ils n'étaient pas là pour rien, et ils auraient presque pu avoir ce qu'ils voulaient. Puis, ça a commencé...
Témoignage d'un survivant de la Bataille Bleue

La lueur mordorée du soleil naissant enflammait les roseaux de la côte, et venait frapper les visages des Argeh'niens déjà debouts, au travail dans les champs en lisière de forêt. Le silence du petit matin était parfois brisé par le cri d'un aigle majestueux, tournoyant au-dessus du Sanctuaire alors que la forêt s'éveillait lentement. Les chasseurs prenaient leur tour de garde, les commerçants installaient leurs étals, les pêcheurs mettaient les barques à l'eau, on pouvait même voir quelques chiens se poursuivre entre les troncs centenaires. Une journée banale pour la nation tribale.

Si vous posez la question aux Anciens, ils répondront que "Ce qui est doit arriver arrivera, tôt ou tard [...]". Et la quiétude du pays fut rapidement brisée.

Quelques heures après le lever du soleil, un chasseur traversa les lieux qui menaient au Sanctuaire, titubant, les bras ballants, le dos voûté et lacéré de plusieurs coups de lame. Le sang perlait de son visage, sombre et hébété, alors qu'il grimpait les marches menant au temple, pour se laisser tomber à l'entrée. Aussitôt, les Prêtres et les Anciens s'approchèrent pour lui administrer des soins rapides, pour qu'il puisse s'exprimer avant d'être mené dans les dortoirs de la Garde Forestière.

On s'est fait avoir... Ils sont légions, et ils approchent... On aurait du fortifier les défenses, au Nord... Ils arrivent...
L'homme blessé

Une fois le chasseur emmené, l'agitation, le doute et la peur commencèrent à s'installer dans les esprits. «Ils sont légions ? Ils approchent ? Mais qui approche ?»; voilà la question que tout le monde se posait. Par le Nord, il ne pouvait y avoir qu'une seule sorte d'ennemis approchant des forêts. Les Orcs. Un cor retentit. Rauque, sonore, son hurlement perdura plusieurs secondes dans les airs alors que le temps semblait presque se figer sous les cimes des arbres. Un second coup de cor retentit, puis le silence s'installa. Et ce fut la panique.

Les femmes rentraient leurs enfants, les marchands pliaient bagages et retournaient au Bastion. Les Chasseurs empoignaient leurs arcs, leurs carquois et leurs lames pour courir en direction du Nord. Les lanciers brandissaient fièrement leurs armes de fer, s'élançant par groupe à la suite des forestiers. Les Griffons étaient lâchés, montés par les Mages de la Cour, les chevaux et les loups étaient sellés pour porter les messagers, qui avaient pour mission de faire prévenir les différents avant-postes du pays, et faire quérir leurs hommes. Si le cor avait été entendu depuis le Sanctuaire, d'autres points du pays l'auront eux-aussi écoutés. Il ne pouvait signifier qu'une chose. L'approche de la Guerre.

* * * * *

Rapidement et dans le plus bruyant des silences, les chasseurs se mettent en place dans les arbres bordant la Passe Verte à l'aide d'échelles de cordes et autres planches de bois fixées dans l'écorce. Une fois installés dans les cimes, la veille des archers débuta et elle fut plus courte qu'ils ne l'espérèrent.

Moins d'une heure après la mise en place des camouflages qui permettraient au peuple forestier de prendre les forces armées ennemies par surprise, les premiers martèlement commencèrent à se faire entendre, accompagnés des tambours de guerre des Kodo et des ordres criés des "têtes pensantes" de l'armée. Le soleil commençait à descendre pour se voiler derrière les montagnes quand les premières créatures furent aperçues à la lisière de la Passe. Équipées de lourdes armures pour les lignes de front, leurs lames et marteaux de guerre remuant sur leurs puissantes épaules, les suivantes étaient composées d'Orcs en armures de cuir et de mailles, pour beaucoup armés de lances ou de larges épées et leurs pavois. Plus ils avançaient, plus leur nombre augmentant. Cent.. Deux cents.. Trois cents.. L'afflux de l'armée adverse refusait de cesser, alors que les premiers des leurs approchaient de l'orée de bois.

Les archers laissèrent passer les lignes lourdes sur l'ordre intimé d'un geste des Rôdeurs de garnisons, les premiers éclaireurs Orcs s'élançant vers l'ombre des bois. Puis, ce fut l'instant propice. Bandant les arcs de bois sombre dans de faibles craquements, les Féraliens firent chanter les flèches de fer, qui s'abattirent sur les créatures belliciste, perçant le cuir et traversant les mailles grossières pour trancher les chairs et laisser couler le sang sombre sur les sentiers. Les cris survinrent, et les Orcs tentèrent de riposter; malheureusement pour eux, les Chasseurs avaient bien prévus leur coup et restaient bien à l'abri derrière les feuillages, laissant siffler les projectiles mortels en direction des lourds guerriers à la peau d’absinthe, les corps ennemis s'écroulant sur le sol en gênant d'autant plus les mouvements de leurs frères d'armes. La technique était rôdé, montrant ainsi une certain habitude de ce genre d'embuscade de la part des Féraliens. Et ce fut la débandade.

Maintenant que l'arrière des lignes de front étaient visibles, les Chasseurs émérites n'eurent aucun mal à transpercer les nuques et colonnes vertébrales de leurs adversaires, les armures lourdes frappant le sol en rythme avec les cris de colère des créatures qui tombaient l'une après l'autre. Les lignes de bataille reculaient comme elles pouvaient, tentant de fuir les bois ! Ils avaient compris que passer sous l'orée des arbres signait leur arrêt de mort. Les cors résonnèrent une nouvelle fois, et aussi rapidement qu'ils étaient venus, les Orcs fuirent en direction des campements qu'ils avaient installés derrière les monts de grès.

Nous avions réussis à repousser la première vague. Mais au vu de l'échec qu'ils venaient de subir, nous nous attendions à une riposte sévère dès la tombée de la nuit..
Témoignage d'un Rôdeur-capitaine, qui dirigea l'embuscade

* * * * *

Le silence régnait depuis l'embuscade du peuple forestier. Pas un son ne venait déranger la quiétude de la nuit naissante, l'astre solaire disparaissant derrière la ligne argentée de l'horizon, laissant ses ombres s'étendre lentement sur les bois bleuâtres en déformant les silhouettes. Pas un seul cor n'avait résonné depuis plusieurs heures, ce qui commençait à mettre les Chasseurs sur les nerfs, ceux-ci toujours perchés dans les cimes des arbres millénaires.

On a fini par croire qu'ils étaient repartis, et qu'ils ne nous dérangeraient plus. Mais c'était raté.. Alors qu'on allait faire descendre les chasseurs, c'est là qu'on l'a entendu.. Par les Divins, je m'en rappelle encore..
Témoignage d'un Rôdeur-capitaine, qui dirigea l'embuscade

Soudain, alors que la nuit était à présent totalement tombée sur les bois, un cor hurla pour briser le silence, plus rauque et sonore que les premiers. Il déchira l'air, son cri résonnant longtemps entre les troncs des majestueux arbres pour se perdre dans les grottes. Et à peine avait il sonné que surgirent les Loups de guerre, montés par leurs cavaliers armés, les Orcs agitant les masses et épées au-dessus de leurs crâne, beuglant. Les Chasseurs encochaient leurs flèches, mais n'eurent le temps d'en décocher aucune, plusieurs d'entre-eux dégringolant au travers des branchages pour impacter le sol avec violence, leurs corps se disloquant sur la dure terre ou percutant les racines pour rouler plus loin, sans vie. Les archers adverses avaient compris que les cimes étaient dangereuses et avaient tôt fait de les faire fusiller de traits de fer noir, afin d'en éliminer les occupants. Et rapidement, les bêtes hurlantes perçaient les lignes du peuple Féralien, déchirant les chairs des hommes au sol, les lames des Orcs s'abattant avec violence pour faire voler les têtes et les bras des lanciers qui ne pouvaient rien faire face à la rapidité de l'assaut.

Après les loups vinrent les forces à pieds, qui se déversaient sur l'avant-poste sans discontinuer, les créatures verdâtres hurlant et pestant, encouragés par les bannières flottantes, et les tambours des Kodos. Les Féraliens ne pouvaient rien faire.. Dans la débandade la plus complète, ils hurlèrent quelques ordres puis s'élancèrent sous les branches des arbres, profitant de la profondeur de la nuit pour échapper aux Orcs véhéments, courant rapidement au travers des racines, bondissant par-delà les buttes de terres, fuyant pour leurs vies.

On a rien pu faire. Ils ont percés nos défenses et ont pris l'avant-poste avant même que nous puissions réagir. Leur riposte a été courte, mais meurtrière. J'ai perdu la plupart de mes hommes..
Témoignage d'un Rôdeur-capitaine, qui dirigea l'embuscade

La frontière était prise, désormais aux mains des Orcs. Et ce n'était que le début..

* * * * *

Le lendemain, c'était horrible.. L'air puait de la chair brûlée des chasseurs restés sur place, ceux qui n'avaient pas pu fuir.. Et les arbres.. Par Ma'ra, les arbres qui brûlaient, envoyant leur fumée noire vers le ciel..
Témoignage d'un survivant de la Bataille Bleue

Au petit matin, les chasseurs étaient rassemblés le long des palissades de fortunes qui protégeaient les villages. Ils observaient silencieusement en direction du Nord, d'où s'élevait une épaisse fumée noirâtre, lourde de la chair brûlée des hommes qui avaient péris sous les assauts des Orcs. Quelques-un murmurèrent des prières à l'intention des morts alors que d'autres fulminaient et pestaient dans leur langue natale de ne pouvoir rien faire sur le moment.

Après les lamentations vint la préparation d'une riposte. Les groupes s'organisèrent rapidement et dans la plus grande discipline. Les rôdeurs-capitaines se chargeaient de diriger les groupes qui arriveraient par l'est, tandis que les lanciers étaient menés par les Maîtres-bestiaux, qui arriveraient de l'Est. Les griffons furent préparés, et attaqueraient de plein front, par les airs.

Évitant de sonner le cor pour avertir le camp adverse, les têtes de files se préparèrent à se mettre en route, quand un faucon passa au-dessus de chaque campement. Les Maîtres-mots présents dans les rangs sommèrent les troupes de s'arrêter le temps du passage des volatiles. Ils ne portaient rien dans leurs becs et cela ne pouvait signifier qu'une chose. Quelques instants après que les battements d'ailes des messagers de Cath'bad, le huitième, se soient estompés, on entendit un cor clair résonner dans les bois. Un cor ? L'ordre avait pourtant été donné de n'en faire sonner aucuns ! Mais ce n'était pas un cor féralien qui venait de percer l'aube. D'abord, les hommes virent arriver de magnifiques bêtes au pelage de jais et aux reflets bleutés, montés par des femmes en armure dont la beauté dépassait de loin celle des femmes du pays. Suivant les Sentinelles, les archères Kaldorei's avançaient en rangs serrés, tenant leurs arcs le long de leurs flancs. Et en tête de file, sur une bête en armure se tenait ce qui semblait être un Capitaine. Il observa l'endroit de ses prunelles éclatantes, passant en revue les armées féraliennes, portant son attention sur l'un des rôdeur-capitaine qui s'approchait. Il le fixa quelques secondes et pronconca quelques mots. Puis, il sourit et pressa les flancs de sa bête, se dirigeant vers le Nord en hurlant un ordre. Aussitôt, les archères pivotèrent pour lui emboîter le pas, et la formation elfique se mit en route.


Wow 2

«Les forces elfiques étaient parfaitement disciplinées. On avait encore du chemin à faire, pour les égaler..»

Il a dit venir pour protéger les forêts et purger les bois de la présence impure des Orcs. Nous qui pensions enfin recevoir de l'aide.. Mais au moins, ils étaient là, et la présence de tous ces elfes allait nous donner un très net avantage. C'était encourageant, et décevant à la fois !
Témoignage du rôdeur-capitaine

En arrivant près du lieu de la boucherie de la veille, les archères se mirent en place. Dans les cieux, se mêlant aux rayons de soleil qui perçaient les nuages, on distinguait les reflets des armures des Griffons. Les Orcs s'étaient rassemblés et avaient montés des barrières de pieux avec les arbres qu'ils avaient abattus, et se préparaient visiblement à lancer une nouvelle offensive vers l'intérieur des forêts. Puis, l'assaut fut lancé.

Les maîtres des cieux fusèrent vers le sol, leurs chevaucheurs lâchant plusieurs volées de flèches qui s'abattirent sur les Orcs. Dans le même temps, les forces féraliennes affluèrent de l'Est et de l'Ouest, les Maîtres-bestiaux déchaînant leurs rages et celles de leurs compagnons sur les premiers mastodontes qu'ils croisèrent, tandis que les rôdeurs-capitaines libéraient eux-aussi leurs traits mortels pour abattre les veilleurs Orcs. La débandade s'installa et les envahisseurs, pris de court, eurent du mal à se mettre en place pour riposter.

Ils allaient répliquer quand les Sentinelles, montés sur leurs Sabres-de-givre, bondirent par-dessus les rangées de pieux pour déferler sur les Orcs présents dans le camp et faucher les têtes de leurs glaives, tandis que les archères s'occupaient de tuer les Orcs qui tentaient d'éviter la fulgurante cavalcade des femmes Kaldorei's. Le Capitaine elfique fusa à son tour au centre de la mêlée, suivi de près par les Maîtres-mots. La bataille dura moins de deux heures, les forces Orques finissant par être décimées. C'était terminé.

Les cadavres des Orcs furent empilés près du rivage, après avoir été transportés par les Griffons, puis brûlés. Il ne devait pas rester la moindre trace de leurs corps, les rôdeurs-capitaines y avaient mis un point d'honneur. Sans un mot, les Kaldorei's, qui avaient prouvés leur efficacité au combat en ne perdant que très peu d'hommes, retournèrent d'où ils étaient venus, et tout rentra dans l'ordre. Tout ? Non, pas tout. Un faucon passa au-dessus du lieu des combats, portant un rat mort dans son bec. Rien n'était fini..

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